| Ouverture de seance par le Docteur Jacques Puget lors de la conférence du 26/12/2005 de Madame Colette SOLER Université Paul Valéry "Ce que LACAN disait des femmes" Je voudrais d'abord saluer les étudiants et les remercier de leur présence. Je remercie M. le Docteur BRUERE-DAWSON, Professeur Emérite des Universités, d'avoir bien voulu honorer de sa présence cette matinée de travail. Le parcours de son enseignement et de recherche tant à l'Université qu'au regard de son expérience de clinicien et d'analyste, suscite respect et admiration. Je tiens aussi à remercier très vivement Mme Rajaa STITOU, Maître de Conférence de Psychologie Clinique et de Psychopathologie, de nous accueillir au sein de cette Université. Je tiens d'autant plus à ces remerciements que dans le contexte socio-culturel actuel où prédomine une sorte "d'occultation du sens particulier de l'existence, on assiste àl'éclosion d'une multiplicité de pratiques pseudo-thérapeutiques, répondant à l'exigence d'un vouloir jouir plus et plus rapidement. La démarche et la prise de position psychanalytique de Mme Rajaa STITOU au sein du paysage clinique et psychothérapeutique actuel inspire tout mon respect. Mme Colette SOLER est Agrégée de l'Université en philosophie, diplômée de psychopathologie de l'Université de Paris V, Docteur en psychologie de l'Université de Paris VII, Psychanalyste, Membre fondateur de l'E.P.F.C.L. et Membre du Collège International de l'option épistémique de l'E.P.F.C.L. Elle a été la première Directrice des Forums du Champ Lacanien. Elle enseigne actuellement la psychanalyse dan le cadre des formations cliniques du Champ Lacanien. L'incroyable ampleur de son érudition, le savoir élaboré au cours de sa pratique d'analyste, l'autorisent à nous livrer des élaborations commandées par la clinique et l'écoute de l'inconscient. En témoigne l'enseignement qu'elle dispense actuellement à Paris, dont les titres :"L'en-corps du sujet" - "L'hystérie, sa langue, ses dialectes et ses liens" - "La querelle des diagnostics"- et son dernier cours cette année : "Le symptôme et l'analyste", parlent d'eux-mêmes.Mme Colette SOLER a aussi écrit :"L'aventure littéraire, Rousseau, Joyce, Pessoa", publiés aux Editions du Champ Lacanien en 2001 et "L'inconscient à ciel ouvert de la psychose", publié aux Presses Universitaires du Mirail en 2002. Sa pensée psychanalytique, qui s'est toujours inscrite dans le courant de Jacques LACAN, s'exemplarise, entre autres, dans son écrit : "Ce que LACAN disait des femmes", publié aux Editions du Champ Lacanien. FREUD écrit dans je ne sais plus trop quel texte : "Si l'habitant de chaque planète arrivait sur terre, la chose dont il serait le plus étonné serait sans doute la différence des sexes"… ce qui révèle combien la femme pouvait être "surprenante" pour FREUD. J. LACAN depuis, et je ne vous apprendrais rien à ce sujet, a conceptualisé cela. "La Femme, disait LACAN, n'existe pas", entendons ici que les femmes n'ont pas vocation à faire univers (confer. les formules de la sexuation). En effet la clinique démontre que l'interrogation de ce qu'est la femme ne se résout pas pour chacune d'entre elles dans une généralisation immédiate mais qu'elle est à reprendre cas par cas. Si je me réfère à deux citations fort signifiantes pour moi de Colette SOLER (l'une page 20 de son écrit) : "Si la Femme, écrite avec une majuscule, est impossible à identifier comme telle dès lors qu'elle "n'existe pas", il n'empêche que la condition féminine existe". L'autre citation, page 49 de son écrit : "Dire que la femme est l'Autre Absolu….c'est dire qu'elle est hors symbolique, réelle, au sens de ce qui ne peut se dire", je crois que nous avons là l'ouverture du questionnement sur l'être femme que Colette SOLER a, d'une manière fort riche, élaboré tout au long de son livre. Je vais quant à moi m'autoriser à exposer quelques lignes introductives au regard de cette "impossible à identifier" qui pourrait être par exemple questionné par l'histoire de l'Abbé de Choisy, fameux travesti du XVIIIe siècle et oublieux des devoirs de sa charge ; il faisait tout pour qu'on le prenne pour ce qu'il n'était pas : une femme. Ses mémoires nous éclairent sur lui-même : on y apprend que François-Timoleon de Choisy s'habillait de dentelles et de fanfreluches et que pour s'immiscer dans la qualité de femme, il se présenter sous le nom de Mme de SANCY. Cet abbé fanfreluche cherchait à démontrer qu'il est impossible de démasquer la femme comme telle car elle n'est que masque et qu'apparence trompeuse. Toute interrogation en effet sur la féminité ne peut nous conduire qu'à buter, au-delà de la problématique phallique, qu'à quelque chose de l'ordre de l'INSIGNIFIABLE. C'est certes une affaire de structure et de langage qui positionne la femme au-dehors de ce qui peut s'énoncer - hors symbolique - réelle, ce qui la conduit à devoir s'affirmer au travers des guises, de semblants. D'où la mascarade qu'a isolé Johan RIVIERE Il est temps pour moi de laisser la parole à Colette SOLER, et je tiens en ce moment d'ouverture de cette conférence à remercier très sincèrement les Laboratoires GlaxoSmithKline qui ont permis l'organisation et la réalisation de cette journée. |